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Sécheresse oculaire : le mal silencieux qui touche un adulte sur deux, selon cette étude

Sécheresse oculaire : le mal silencieux qui touche un adulte sur deux, selon cette étude

Une nouvelle étude internationale, présentée lors du congrès de l'ESCRS* par le Dr Piotr Wozniak, chirurgien et spécialiste de la sécheresse oculaire à l'Optegra Eye Clinics de Varsovie, révèle que plus de la moitié de la population générale souffre de symptômes du syndrome de l’œil sec, alors que seule une personne sur cinq a reçu un diagnostic et un traitement adéquat.


Des chiffres qui soulignent le besoin de sensibilisation et d'information, tant pour les patients que pour les professionnels de santé.


Une prévalence plus élevée qu’estimée


Jusqu'à présent, la prévalence du syndrome de l’œil sec dans la population générale a été largement sous-estimée. Les résultats de l’étude NESTS (Needs Unmet in Dry Eye : Symptoms, Treatment and Severity), financée par Bausch + Lomb, viennent bousculer les estimations.


Menée sur plus de 5 000 adultes au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Pologne, en Arabie Saoudite et aux États-Unis, l’étude a révélé que :

  • 58 % de la population générale rapporte des symptômes de sécheresse oculaire ;

  • Seulement 20 % des personnes interrogées en Europe et 17 % aux États-Unis ont reçu un diagnostic formel.


Le parcours du patient, un chemin long et solitaire


L’étude NESTS a analysé en détail le parcours des patients et les obstacles qu'ils rencontrent pour obtenir de l'aide :

  • Jusqu’à un tiers des patients ont attendu plus de cinq ans avant de chercher une aide professionnelle ;

  • 60 % ont attendu au moins quatre mois et 20 % ont attendu plus d'un an avant de consulter un professionnel de santé ;

  • Près de la moitié des personnes souffrant de sécheresse oculaire rapportent des symptômes quotidiens.


Ce retard dans la prise en charge est problématique car le syndrome de l’œil sec est une pathologie évolutive. Une intervention précoce peut prévenir l'aggravation des symptômes et l’installation d'un cycle d’inflammation.


Un impact significatif sur la qualité de vie


Lecture, utilisation d'appareils électroniques, conduite de nuit... La sécheresse oculaire a un impact sur le quotidien des personnes qui en souffrent, affectant de nombreuses activités :

  • 17 % des patients ont cessé de conduire la nuit ;

  • 15 % ont réduit leur utilisation de la climatisation ou du chauffage ;

  • 15 % ont arrêté de se maquiller.


En outre, seulement 9 % des personnes interrogées ont constaté une amélioration de leurs symptômes au cours de la dernière année, alors que 34 % ont rapporté une aggravation.


Des traitements non adaptés et un manque de suivi


Bien que les larmes artificielles soient la solution la plus courante, seulement 25 % des patients estiment que leur traitement actuel est spécifiquement adapté à leurs besoins.


L’étude a également mis en lumière des disparités dans le suivi des patients entre les pays. Par exemple, en France, moins de la moitié des patients atteints de sécheresse oculaire ont des visites de suivi planifiées, alors qu'en Arabie Saoudite, la majorité (84 %) bénéficie d'un suivi proactif.


Face à ce constat, le Dr Wozniak insiste sur la nécessité de sensibiliser le grand public aux causes, aux conséquences et aux options de traitement pour le syndrome de l’œil sec. Il souligne également l'importance d'un dépistage et d'un diagnostic précis, car une prise en charge précoce est essentielle pour éviter les aggravations.


Filomena Ribeiro, présidente de l'ESCRS et cheffe du service d’ophtalmologie à l'Hospital da Luz de Lisbonne, a quant à elle souligné l'importance pour les professionnels de santé d'aborder ce sujet avec leurs patients et d'encourager les examens de la vue réguliers.


Car au-delà du confort, ce problème peut avoir des conséquences sur le résultat de la plupart des chirurgies ophtalmologiques, y compris la cataracte et la chirurgie réfractive.

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