top of page

Myopie chez l’enfant : une épidémie mondiale qui menace la vue, comment la freiner ?

Myopie chez l’enfant : une épidémie mondiale qui menace la vue, comment la freiner ?

Un enfant sur trois dans le monde souffre aujourd’hui de myopie. Et si rien n’est fait, ce chiffre pourrait exploser d’ici 2050, avec plus de 740 millions d’enfants myopes. La myopie infantile n’est pas un simple problème de lunettes : c’est une maladie évolutive qui fragilise l’œil et peut entraîner de graves complications visuelles à l’âge adulte.


Pourquoi la myopie de l’enfant progresse-t-elle autant ?


Autrefois considérée comme d’origine surtout génétique, la myopie pédiatrique est désormais liée au mode de vie des enfants :

  • plus de temps passé devant les écrans ;

  • moins d’activités en extérieur ;

  • apparition de la myopie de plus en plus tôt.


Résultat : la myopie progresse rapidement et atteint des niveaux plus sévères qu’auparavant. En France, près d’un adolescent sur deux entre 11 et 13 ans est déjà myope.


Une maladie aux conséquences sérieuses


La myopie ne se résume pas à une vision floue corrigée par des lunettes pour enfant. En réalité, l’œil s’allonge, ce qui augmente les risques de pathologies comme :

  • la dégénérescence maculaire myopique ;

  • le décollement de rétine ;

  • le glaucome ;

  • ou encore la cataracte précoce.


Même une myopie légère doit être surveillée : chaque dioptrie gagnée dans la gestion de la progression réduit le risque de complications futures.


Impact sur la qualité de vie et la santé mentale


Un enfant myope peut rencontrer des difficultés à l’école, éviter certaines activités sportives et s’isoler. Plusieurs études ont montré un lien entre troubles visuels et anxiété ou dépression infantile. Un cercle vicieux peut alors s’installer : moins d’activités dehors, plus de temps d’écran… et donc plus de myopie.


Les solutions actuelles pour ralentir la myopie


Bonne nouvelle : des options existent pour freiner la progression de la myopie chez l’enfant :

  • Atropine à faible dose : déjà utilisée dans plusieurs pays, elle réduit de 30 à 60 % la progression. Disponible uniquement dans les pharmacies d'hôpital, cette solution sous forme de collyre devrait être vendue dans les pharmacies d'officine d'ici fin 2025, début 2026.

  • Orthokératologie (Ortho-K) : des lentilles rigides portées la nuit qui remodèlent la cornée et limitent l’allongement axial.

  • Lentilles de contact : basées sur le principe de la défocalisation, elles ralentissent significativement la progression de la myopie. Des études à 6 ans montrent l'efficacité de ce mode de correction.

  • Les verres ophtalmiques de freination : solution la moins contraignante, puisqu’elle s’intègre dans le port quotidien de lunettes. Plusieurs études cliniques sur 4 à 6 ans montrent des résultats très encourageants, avec une réduction significative de l’évolution de la myopie, à la fois sur la réfraction et la longueur axiale. Ces verres constituent aujourd’hui une alternative simple, efficace et accessible pour de nombreux enfants.


Pourquoi un dépistage précoce est essentiel


Plus un enfant devient myope jeune, plus son œil risque de s’allonger. D’où l’importance d’un dépistage visuel régulier chez l’opticien ou l’ophtalmologiste. Un suivi attentif permet de proposer une correction adaptée et d’envisager un traitement de contrôle de la myopie.


Agir tôt pour protéger la vision des enfants


La myopie chez l’enfant n’est plus un petit problème de lunettes. C’est un enjeu de santé publique mondial. Intervenir tôt, c’est protéger la vision et la qualité de vie des enfants aujourd’hui, et réduire les risques de pathologies oculaires graves demain.


Parents, restez attentifs aux signes de myopie chez vos enfants (vision floue de loin, besoin de se rapprocher des écrans, maux de tête) et n’hésitez pas à consulter pour un bilan visuel. Chaque année gagnée dans la lutte contre la myopie compte pour préserver leur avenir visuel.

Commentaires


bottom of page